DER de DRE -éditions Voix 2017- extraits partie 3-

L’HOMME QUE JE VOIS POUR LA DER-nière fois

L’homme que je vois pour la dernière fois  

                                                                         ni lui ni moi ne savons

longtemps avant de ranimer   long temps avant de rallumer


éclats-pensées-souvenirs    lui ai légués depuis longtemps

une amnésie-survie

au nier-der                             et nièdre

accuser réception         accuser le coup   

                                                                 pas de condamnation

sans procès le déséquilibre mais verbal me stimule à

je l’habite et je l’occupe

l’arpente et j’élargis son fil au fil de mes pas

dernier tissé   toile-voile  car vitesse à saisir

ce qui file pour la dernière fois       

             le serment hermaphrodite            

                        la promesse androgyne

l’estrapade enfin  adoucie     mais pas réconciliation pas

                                           c’était la première dernière  fois

                                                      fracture devient soudure

                                                                          en interne

en externe la verdeur

je m’engourde tous les rêves à ma disposition

c’est

concaténation nom après non mais éclos au présent- futur

passé rasé   je ris à sa barbe  

                                                        un profil fuyarde

                                      la lassitude marmelade sous les yeux

L’homme que je vois pour la dernière fois       

                                        comme il me tarde

lui comme moi ne savons

mais géomèdre l’espace surfile

                                     couturière grande et colorise et odorise

assieds-toi prêt du feu

depuis si longtemps

sous bulle     noeuds d’oubli en dévidoirs sans trémolos

                    myriades

guirlandent et goélandent les yeux de l’homme que je vois

douceur en boucles

rouleaux mêlés                     plage bruonde

mélode doux phrasé

vibre et vibrionne

et fait fissure

                                         et vrille en chair

                                         et fiche en terre

                                         et flèche un sens

lui et moi      dernier  régime sans résidus 

                                                                  la lumière aux aguets

13.00 €

« Der de Dre »
102 pages
Comme der de der, la dernière de toutes les guerres… et l’on sait bien que depuis cette fameuse guerre le monde n’est plus que bombardements, massacres, viols, tortures, déportations, camps, exodes, murs et frontières, ….. comme dernière époque d’une planète terre habitable puisque polluée et surpeuplée. Der de dre pour jouer avec les verbes et les néologismes qui au-delà du jeu donnent force et régénèrent l’usure du vocabulaire
der comme ouvert
dre comme fermé
der inaugure
dre répète et décale, offre l’écart dans lequel le sens et la langue vivent d’une autonomie nouvelle. Passer de der à dre pour renverser le mouvement de l’entropie, enrayer son mode de relation qui dévoie.
Der et dre pour conserver la capacité de s’insurger et de s’émerveiller, malgré ce qu’on a vécu, ce qu’on vit, ce qu’on sait du monde comme il va.

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